dimanche 9 janvier 2011

La Fondation Brigitte Bardot est malhonnête !


En ce moment s’affiche sur des panneaux publicitaires une campagne qui n’a pas uniquement pour objectif de défendre la protection des animaux mais également d’attaquer l’abattage rituel.

Après les derniers échecs de la fondation pour légiférer sur la question par une réglementation française et européenne, celle-ci décide de s’en remettre à l’opinion publique et à la conscience des consommateurs.

Le message donne les frissons… Il montre un bovin en pleine forme, avec pour slogan radical : « Cet animal va être égorgé à vif sans étourdissement et dans des grandes souffrances. C’est ça, l’abattage rituel ! ». Puis il pose la question : « Vous pensez ne pas manger halal ou cacher ? Pourtant, on vous l’impose ! – avec un chiffre à l’appui – en Ile de France, pratiquement 100% des bêtes destinées à la consommation générale sont égorgées sans étourdissement ! »

Le français lambda risque de se scandaliser très vite avec un tel message. On peut même imaginer que son sang ne fera qu’un tour !

Sauf que cette campagne est injuste, fausse et hypocrite. Démonstration en dix points :

1.     Le message diffusé laisse à penser que l’étourdissement est un système infaillible qui élimine à 100% la souffrance des animaux avant leur mise à mort. Or, les chiffres sont éloquents, puisque près de 7% (un chiffre minimal) des étourdissements sont un échec, ce qui provoque une souffrance certaine et atroce. Tandis que d’un autre côté, l’abattage rituel selon le rite juif ne représente que 0,037% des abattages en Europe. Autant dire, une broutille devant les souffrances infligées par les étourdissements « ratés » !
2.     Mettre sur le même pied d’égalité l’abattage rituel pratiqué par le rite cacher avec celui du halal est une injustice délibérée. En effet, la préparation et le professionnalisme de l’abattage selon le rite juif sont infiniment plus minutieux et contraignants que toutes autres méthodes d’abattage – et tous les avis sont unanimes.
3.     Le souci de la souffrance de l’animal n’est pas une notion inventée par Madame Bardot, il est au cœur du judaïsme et du mode de consommation cachère. Car pendant que cette dame milite pour faire interdire un rite appartenant à la première civilisation qui se préoccupe de la souffrance animale, elle omet de faire une campagne contre la consommation de certains fruits de mer qui se mangent ou se cuisent vivants ! Y aurait-il, Madame, des grandes et des moins grandes souffrances ? Pourquoi la souffrance du homard est-elle plus acceptable que celle d’une vache ?
4.     Le Judaïsme interdit formellement la chasse et pourtant il n’y a pas de campagne pour stigmatiser les chasseurs comme des gens cruels ? Mais peut-être que la jouissance du chasseur de voir son gibier agonisant est plus sacré qu’un rite millénaire !
5.     L’évaluation de la douleur est – à ce jour - scientifiquement impossible à établir. Faire le lien entre la conscience et la douleur est un raccourci qu’aucun scientifique sérieux ne se permettra d’emprunter. Quant à savoir si la souffrance due à l’étourdissement est préférable à celle d’un abattage rituel dans les règles de l’art du Judaïsme, ceci est un débat scientifique qui n’est toujours pas tranché.
6.     Les destinataires de cette campagne, dont nous attendons le rebond de conscience, font-ils le même examen envers leur marchand de sac de luxe pour savoir si le cuir utilisé provient d’une mise à mort avec étourdissement ? Non, sans aucun doute… Alors pourquoi s’en prendre à une communauté soucieuse du respect des animaux ? Au fait, Madame Bardot, comment ça se passe pour les cuirs Lancel dont vous vantez l’image ?
7.     Quand la fondation annonce que « pratiquement 100% des bêtes destinées à la consommation générale sont égorgées sans étourdissement ! », nous sommes en droit de demander plus de précision… Que veut dire « pratiquement 100% » ? Ce chiffre approximatif est-il plus proche de 90%, ou de 30 voir 20% ? Car dire que 70% de l’abattage rituel juif se retrouve dans le circuit classique ne représente toutefois pas plus de 0,005% de la consommation en France! On cherche donc à faire dans le sensationnel.
8.     S’agissant de la volonté d’exiger un étiquetage signalant l’étourdissement ou non, ceci est une revendication malhonnête, car pour aller complètement au bout de cette idée, il faudrait faire un étiquetage complet avec le mode d’abattage, la méthode d’étourdissement, le succès ou non de l’étourdissement... Ce ne sont déjà plus les mêmes informations, et devinez de quel genre de viande le consommateur averti se détournerait ?! Et il faudrait le faire également pour l’achat d’un blouson ou d’un sac en cuir…
9.     Regardant la vidéo sur l’abattage rituel publié sur le site de la fondation Bardot, j’ai pu constater qu’à aucun moment il ne s’agissait d’un abattage selon les lois du judaïsme. En effet, le fait de se reprendre pour s’assurer que la bête est bien abattue est interdit selon la loi juive, de même que la façon présentée de tenir le couteau de sorte à produire une tension sur l’animal, qui est également proscrite. Quant à l’aspect « spectaculaire » de l’abattage rituel, certes c’est moins confortable à regarder que l’abattage d’un animal figé et inanimé par une décharge, mais cela n’est pas pour autant le signe d’une plus grand humanité que d’imposer une méthode d’abattage qui ne préserve pas mieux l’animal d’une souffrance ? Serions-nous plus favorable à la protection de notre propre conscience ou de notre sensibilité, au détriment de la souffrance de l’animal ?
10. De façon plus générale, tenant compte du fait qu’il est impossible de prouver scientifiquement qu’un abattage rituel fait encourir plus de souffrance sans étourdissement, on peut se demander si cette revendication n’est pas tout simplement le signe d’une cruauté envers ces animaux ! Cet abattage plus spectaculaire, donc plus « insupportable » pour la vision du néophyte n’est pas la preuve d’une méthode plus cruelle que celle où la bête reste figée comme du plastique avant de se faire tuer. N’est-ce pas là un manque de respect pour l’animal, qui a le droit de mourir en se vidant de ses tensions par l’effusion de son sang !

Les arguments de la défense de l’abattage rituel sont encore nombreux et il appartient à des experts d’en démordre, pourtant la véritable question que je me pose est de comprendre pourquoi un tel acharnement ? Serait-ce le rapprochement de Madame Bardot avec des courants d’extrême droite qui la pousse à stigmatiser ce qui ne fait pas partie de ses propres habitudes de consommation ? Je ne suis pas convaincu que la défense d’une cause aussi noble que celle de la souffrance des animaux passe par la provocation et la stigmatisation, et grand bien lui ferait de chercher à comprendre les hommes, les civilisations et leurs pratiques.

17 commentaires:

Al-Kanz a dit…

Bonjour,

Ce passage est amusant : "l’abattage rituel pratiqué par le rite cacher avec celui du halal est une injustice délibérée".

Vous oubliez de préciser que dans les faits, lors de l'abattage casher, on oublie parfois de passer correctement le couteau pour éviter de toucher l'os. Une note de la DGAL s'en émouvait il y a quelques années. La pratique est toujours en cours dans les abattoirs français.

Pour le reste, nous sommes sur la même longueur d'onde.

mendelsamama a dit…

Comme vous le dites, ceci n'est pas un oubli mais bien volontaire. Car ceci n'entrave en rien l'efficacité de l'abattage. Quant à la note de la DGAL, elle ne changera rien à la pratique juive, puisque les abatteurs ont une expertise suffisante pour faire correctement leur travail.

Et merci pour les ondes!

Marcoroz a dit…

Bravo pour cet article qui remet bien les pendules à l'heure !

Anonyme a dit…

Et comme ajoute mon professeur juif qui me donne un cours sur la Tradition orale, si on respectait vraiment l'animal au point de refuser sa souffrance, on ne le mangerait pas... Avant Noé, le Seigneur avait donné à l'homme pour nourriture les végétaux!
Claudia Garderet

mendelsamama a dit…

Claudia, la conclusion de ce que vous dites n'est pas juste. Car au contraire, dans la tradition juive il y a bien des moments où manger de la viande est une Mitsva. Quant à l'époque de Noé, ça nécessite un développement un peu plus long qu'une réponse à un commentaire. Peut être pour bientôt.

Magali a dit…

Bonsoir Rabbin Samama,

Je suis étonnée de voir que l'on parle à longueur de pages de l'abattage rituel, en l'ocurence cacher, sans donner les bases religieuses demandant que l'animal soit conscient.
Pourriez-vous nous instruire s'il vous plaît ?
En vous remerciant

Anonyme a dit…

Bonjour,

La seule chose que je peux vous dire, c'est que vos tentatives d'imposer vos règles finiront par vous retomber dessus juifs et musulmans... On vis dans un pays censés être laïque, solidaire or c'est le communautarisme qui s'impose petit à petit avec le "tout pour moi" au final. Attention, la France n'aime pas ce type d'attitude.

andrée a dit…

Ce n'est pas Madame Bardot qui est malhonnête c'est vous si vous voulez manger selon vos traditions partez en Israel et foutez nous la paix

Lilou a dit…

Une chose est sure : la connerie humaine est universelle quelles que soient les convictions !
Réinventer ce que BB dénonce et tirer le sujet autour de son ptit nombril est à la mode.
BB dénonce la souffrance animale où qu'elle se trouve ! Les assos de défense animale avaient eu comme petite avancée l'étourdissement des animaux dit d'abattoir, pour au moins abréger leurs souffrances. Parce que dans ce monde tout le monde s'en branle de la cruauté. Aujourd'hui, ces industriels profitent de vos minorités pour ignorer cette loi et faire d'une exception une généralité dans les abattoir, tout ça au nom du fric tout puissant ! Mais tout le monde s'en fout, tout est prétexte.

Et puis assimiler sans cesse BB au FN mais que c'est pathétique ! Parce que son mari en est ? Sachez qu'une femme sait exister en tant que personne à part entière, même mariée. En l'occurrence demain je sors avec un facho ou un juif ça n'en fera pas de moi l'un ou l'autre. Alors réduire à son mari une femme de cette trempe !
Sur ce je vous laisse vous regarder le nombril, détourner un sujet hors de son propos et diffamer une femme. Vous ne valez pas mieux que ceux qui s'en servent contre les juifs et musulmans. C'est exactement le même schéma.
Pauvre monde !

Anonyme a dit…

Vous avez de bons points il, c'est pourquoi j'aime toujours verifier votre blog, Il semble que vous etes un expert dans ce domaine. maintenir le bon travail, Mon ami recommander votre site.

Mon francais n'est pas tres bon, je suis de l'Allemagne.

Mon blog:
rachat credits immobilier ou Rachat de credit pour locataire

Anonyme a dit…

ce message s adresse a lilou madame bardot travaille avec une agenge de publicite dont le patron est fn son epouse est secretaire au fn et certains propos de madame bardot laissent peu de doutes sur sa position politique lilou ton engagement envers la defense animale est tres louable mais ne prend pas les paroles de la fondation comme parole d evangile crois mois je sais de quoi je parle ; monsieur samama nous avons des choses a nous dire ce sera en aparté

planificateur. a dit…

- Il faudrait plus de brigitte bardot dans ce monde de souffrance pour dénoncer et prendre tous les moyens pour sortir de cette brutalité animale incroyable. Les mots ne sont pas des faits et aucune preuves de la pertinence de chaque abbattage a part les mots ne sont vues et démontrées concernant l'abbatage violent des animaux ultra angoissés par ce qui s'en vient pour eux au moment de l'abbbage de chacun et les souffrances terribles qu'ils subissent. naturel,halal, cachère la même chose. Tueries et souffrances extêmes pour nos frères animaux. Voila la réalité qui dépasse les opinions ridicules des non conscients. Michel St Laurent Montréal Québec Canada.

Anma a dit…

Je trouve que l'argumentation donnée est certes drôle mais pas ne m'a pas convaincue.On ne peut pas justifier un abattage rituel en prenant l'exemple d'autres souffrances, le chasse, le homard. Certes dans le Torah, la souffrance de l'animal est prise en compte, il serait donc justifié aujourd'hui de réevaluer cette abattage avec de nouvelles techniques qui soient non douloureuses pour l'animal car même 2 mn de souffrance, c'est qd même intolérable. Alors à quand une grande réunion de rabbins qui étudient la question?

mendelsamama a dit…

Anma,
Votre remarque est très judicieuse.
Est-ce que je la partage avec vous? Ma réponse est non. Pourquoi?
Parce qu'à ce jour nous n'avons aucune connaissance d'une méthode d'abattage qui serait en mesure d'éviter la souffrance de l'animal. D'ailleurs, philosophiquement c'est marrant de penser que d'ôter la vie peut se faire sans souffrance... à méditer.
Mais pour revenir à notre sujet, sachez que la méthode qui est utilisée par celle de la Sh'hita est à ce jour défendue par de nombreux scientifique comme étant celle qui fait le moins souffrir. Méfiez vous des aprioris.
En tant que croyant on peut ajouter: si D.ieu A demandé de protégé l'animal et de le respecter, puis de l'abattre selon une certaine règle, c'est que certainement cette règle est la plus respectueuse de sa souffrance.
A bientôt

pinson a dit…

vous avez tort de vous solidariser avec l'abattage hallal; qui ne tient pas compte de la souffrance infligée aux animaux
Il paraît que l'abattage casher implique que les animaux ne souffrent pas, qu'il faut les étourdir avant de les tuer
quel Dieu voudrait qu'on fasse souffir des animaux innocents pour se gagner le paradis?
c'est absurde
Dieu est amour

alinea a dit…

Article très complet que je partage majoritairement. Je dirais cependant qu'effectivement, la seule façon de ne pas faire souffrir l'animal, est encore de ne pas le manger! Je suis végétarienne pour cette raison,mais stigmatiser un rite pour son aspect spectaculaire n'enlève rien à la cruauté de l'abattage dit "traditionnel".
Pour les personnes désireuses d'un peu d'objectivité, sachez qu'Israël est qd même très en avance en ce qui concerne la protection animale. A titre d'exemple (mais il y en a bien d'autres) , elle a été un des premiers pays à interdire le foie gras)autre torture perpétrée au nom de la tradition sur notre territoire. Vous n'y trouverez pas de corridas et autres pratiques barbares qui consistent à "s'amuser à torturer un animal" gratuitement , pr le simple plaisir des tribunes!
On ne parle pas non plus (sujet tabou)de nos campagnes françaises ou les porcs sont égorgés ds des souffrances autrement plus atroces, de même que veaux moutons et vaches, puisque les méchouis se pratiquent régulièrement, et que chaque agriculteur a droit à un quota personnel ds son cheptel (et qu'il égorge donc lui-même).
Le fait est que les textes ds la loi juive,disent très clairement qu'un animal ayant souffert est impropre à la consommation; si ce n'est pas du modernisme, qu'est-ce donc?
Enfin,juste pour le fun, j'ai vu monsieur Le Pen passer à 30 Millions d'Amis, , expliquant qu'il ne pourrait jamais prendre un chien un refuge , ne sachant pas dans quelles mains il était passé avant. Alors,les références du FN en matière de protection animale ,ça me fait bien rire!!! Que ferait madame Bardot de tous les animaux dans ses refuges, si tt le monde se calquait sur cette théorie?
Cela dit, force est de reconnaitre que madame Bardot, dont je condamne totalement les propos racistes, a bcp fait pour les animaux; elle aurait pu le faire de façon plus saine.

Zuhurbelea a dit…

Shalom, après avoir vu un extrait de Rav Ron Chaya, il semble que les cinq (?) animaux casher on les veines entrée/sortie menant au cerveau désolidarisées : la chute de pression sanguine, donc oxygénante et permettant l'activité cérébrale, serait brutale. Pas chez les animaux non-casher, qui ont un "pont veineux", ce qui occasionnerait un reliquat d'afflux sanguin suffisant pour entretenir la conscience, donc la douleur (schéma en court-circuit, donc). Je suis assez vague, le mieux serait de lui poser la question, il saurait mieux vous expliquer, avec les mots justes...

Shalom, ayez belle journée ;)