lundi 18 mai 2009

Pense bien !


Chronique du lundi 18 mai 2009

Il aurait pu se présenter par : « Mon nom est « Bib , Zer-Bib », car à l’instar de 007, il est aussi habile du micro que « James Bond » de son arme à feu. Et à vrai dire, tous deux sont capables de mettre le feu avec leur arme. Mais Yoni Shlomo préfère mettre le feu à l’âme que l’arme à feu.
Il annonce la musique, avec le titre de son album « Tracht Gut – Pense bien », cette phrase c’est en fait l’un des plus grands maîtres du ‘Hassidisme qui enseigna à son élève qui avait du mal à décoller dans la vie, qu’il valait mieux penser positivement car la force de la bonne pensée est justement de forcer le positif !

Mais attention, cet adage n’est pas uniquement le nom d’un album… « Pense bien tout ira bien » est avant tout le titre de sa vie, car Yoni a toujours cru en sa capacité à pouvoir jouer dans la cour des grands chanteurs. Tandis que certains se morfondaient sur leurs ratages d’aigus mal placés, Yoni a investi dans son égo bien placé. Son premier rêve - chanter avec le roi de la musique ‘hassidique Avraham Fried - s’est réalisé plus tôt que ne lui prédisaient les meilleurs pronostics. Puis est arrivé son premier enregistrement, qui n’était peut-être pas à la hauteur de cet album, mais qui a constitué une étape et l’a mené tout droit à la rencontre d’un grand.
Ce grand, c’est Moshé Laufer. Quand ce dernier signait les tubes de Fried et de MBD, Yoni ne savait alors pas tenir un micro dans sa main. Mais à présent que Laufer lui produit un album, certains feraient bien de se demander s’ils ne devraient pas le lâcher…

Pourquoi tant d’enthousiasme ? Parce que Yoni n’a lésiné sur rien.
Le premier titre de l’album sonne comme un tube d’été qui trouvera le rythme des pas de danse dans les prochains mariages. Du ‘hassidique, du pur, une voix entraînante, quoi de mieux pour une entrée en matière ?
Tracht Gut : plus qu’une chanson, une devise de vie !
On continue ? Attention, une surprise et non des moindres nous attend avec le titre numéro 4 : Waltz Yeroushalaim. Jamais personne n’avait osé faire valser un ‘Hassid. L’accordéon qui règne en patron de l’harmonie de cette danse, nous balance vers le trône du Roi David avec raffinement. La voix est tellement juste ; beaucoup de cœur et peu de pleurs… autant d’ingrédients qui donnent une sonorité délicate à l’espoir de la reconstruction du Temple de Jérusalem. C’est bien là que se distingue la « French Touch », tant attendue dans le monde de la musique ‘hassidique en manque de souffle et d’inspiration ces dernières années. Ce qui a poussé certains à franchir les frontières d’une musique qui se devait de parler à l’âme, plus qu’à la technique tonique d’un corps en manque de délire.

Voilà la marque d’un grand, car la différence entre un chanteur et un artiste c’est qu’un chanteur chante - c’est la moindre des choses que l’on puisse attendre de lui, tandis qu’un artiste se joue de vous, il vous pend à sa corde… vocale. Yoni montre qu’il appartient à cette dernière catégorie, il vous ballade entre un slow et un pop, il vous fait frissonner dans une prière pour ensuite vous faire sauter dans une exaltation sincère comme une délivrance quand la corde se dénoue.
Car avant tout, ce qui sonne juste dans sa voix, c’est sa joie. Il a vraisemblablement pris beaucoup de plaisir à enregistrer, et cela s’entend. La joie de faire découvrir un nouveau ton, jouer avec la large palette de ses tonalités, la beauté de ses médiums sont sans doute ses grandes qualités mais il monte aussi, haut, très haut, sans que cela ne devienne ostentatoire.

On se donne le droit d’espérer que Yoni ira creuser encore plus profondément les mystères de l’âme, afin d’interpréter de son talent les plus belles partitions… Il lui suffira de suivre sa devise préférée : « Pense bien, tout ira bien » !

mercredi 13 mai 2009

Valeurs humaines


Chronique du mardi 12 mai 2009

Lag Baomer est une date bien connue pour célébrer un sage, un maître et un auteur illustre – Rabbi Chimon Bar Yohaï - qui, à travers ses enseignements, offrit à la Torah ses plus beaux ornements : les commentaires du Zohar. L’âme de la Torah. Avant lui, la technicité du Talmud était huilée comme une mécanique froide, après lui, elle est devenue vivante, tel un corps doté d’une âme.

Aurions-nous pour autant la tentation de réduire Rabbi Chimon Bar Yohaï à un homme qui ne se préoccupa que de la dimension ésotérique de la Torah ? Idée quelque peu simpliste, car celui qui excella à insuffler une vie à un texte, a aussi consacré beaucoup d’écrits pour porter au plus haut les valeurs de vie, celles des hommes.

Qui a dit : « L'homme devrait se jeter dans un four brûlant plutôt que d'humilier quelqu'un en public » ou bien « Tromper quelqu'un par la parole est pire encore que d'extorquer frauduleusement de l'argent » ? Rachbi !

Car pour Rachbi, la vie de la Torah et la vie d’un homme sont sacrées, autant l’une que l’autre. Parfois même, la vie de l’homme prend une dimension dans le sacré que le sacré ne peut atteindre seul.

N’est-ce pas à son sujet que l’histoire raconte qu’après douze années caché dans une grotte avec son fils, il prit la décision d’en sortir car le danger s’était dissipé. En traversant un champ qu’un fermier était en train de labourer, il fit la remarque suivante : « Voilà les hommes qui abandonnent l'étude sacrée de la Torah pour des choses matérielles ». A peine eut-il prononcé ces mots, que tout le champ fut enveloppé d'un nuage de fumée et qu’une voix céleste se fit entendre : « Etes-vous venus pour détruire mon monde ? Retournez à votre caverne ! ».

Une année supplémentaire fut nécessaire pour qu’à sa sortie, il puisse apprécier à sa juste valeur l’utilité du travail. Comme si parfois, il fallait étudier encore plus pour s’apercevoir de l’importance de l’ouvrage de l’homme.

Sa vision de l’être humain et des valeurs qu’il véhicule va dès lors être au cœur de son enseignement moral. L’honnêteté, le respect d’autrui, la grandeur des petites attentions, la portée d’une bonne parole et l’intégration dans la société, seront autant de messages qu’il ne cessera de prôner et de partager.

N’est-ce pas Rachbi qui enseigna l’adage dans « Les Maximes de nos Pères » : « Il existe trois couronnes : celle de la Torah, celle du sacerdoce et celle de la royauté. Cependant, la couronne d'une bonne renommée est supérieure à toutes les autres. »

Lag Baomer, le jour de son départ de ce monde est donc celui de l’effort à l’application de son héritage. Ce n’est ainsi pas un hasard si c’est un jour festif, surtout pour les enfants, car après tout, les enfants avec leur sincérité, leur honnêteté et leur sens inné de la vérité n’incarnent-ils pas le mieux ces valeurs ?

lundi 11 mai 2009

L'album A capella d'Avraham Fried

Suite aux nombreuses demandes et le grand succès de la diffusion du nouvel album d'Avraham Fried et famille, je vous propose ici d'acheter l'album disponible uniquement en ligne.

Sit back and enjoy

mardi 24 mars 2009

La Synagogue perd-elle son âme ?


Dimanche se sont tenus les états généraux de la jeunesse organisée par le FSJU. Une enquête a été réalisée par le Fond Social dont l’une des question était : quelle est l’urgence en matière d’éducation ? Alors là, les amis, grande surprise : les animateurs de mouvements de jeunesse ont répondu que la priorité est… l’investissement dans un mouvement de jeunesse. La synagogue en revanche n’arrive qu’en 4ème position, après la famille et les écoles.
Mais le fin du fin, c’est la réponse des présidents de communautés : contre toute attente, ils ne sont que 30 % à placer les synagogues au centre des urgences en matière d’éducation… Ce qui signifie que, pour 70 % des président de communauté juive en France qui ont répondu à cette enquête, la synagogue n’est pas la priorité pour inculquer les valeurs de notre tradition…

Là, je me suis dit, il faut absolument que je vous parle de cette tendance. Car, si demain je suis président d’une communauté, je ferais naturellement tout pour que ma synagogue soit un point central de l’éducation de mes fidèles.
D’où vient alors le problème ? La synagogue est-elle en pleine crise, perd-t-elle son âme ? Aujourd’hui, comme toujours, elle est le lieu du culte par nature. Mais doit-elle l’être uniquement ? En dehors de la stricte prière, la synagogue doit-elle se diversifier ?

Parlons franchement. Une personne qui n’a pas l’habitude de venir à la synagogue ne viendra que pour trois raisons, en dehors des grandes fêtes comme Roch Hachana et Kippour : pour un mariage, une bar Mitsva, ou encore à la suite de la perte d’un membre de la famille. Si je résume, la synagogue est le lieu des fêtes et - malheureusement - du deuil. Mais pourquoi la synagogue ne serait-elle pas tout simplement un lieu de vie ?

En hébreu le mot synagogue n’existe pas dans le vocabulaire courant, on utilise le mot Beth Knesset, ce qui veut dire, lieu de rencontre. C’est cela le cœur de métier d’une synagogue : elle est avant tout un lieu de rencontre, elle est un lieu où les gens veulent se retrouver, discuter, partager.
La prière est certes importante, elle est essentielle, mais elle n’est pas exclusive. La synagogue est importante parce que dans la tradition juive quand des personnes se retrouvent, il est important d’en profiter pour en faire l’opportunité d’une prière. Mais si à la fin de la prière il ne nous reste plus qu’à se saluer et à se disperser au plus vite, alors oui c’est une évidence, la synagogue perd son âme.

Les présidents ne semblent pas porter très haut le drapeau de leur synagogue. Par manque d’ambition ? de vision ? Freiné par leurs rabbins ? leur conseil d’administration ? Je ne sais pas. Toujours est-il qu’elles sont de plus en plus vides pour la plupart d’entre elles, et c’est un phénomène pour le moins inquiétant.

Cette étude a le mérite d’avoir permis de poser la question de la place que les présidents, les rabbins et tous les acteurs d’une synagogue souhaitent qu’elle reprenne : lieu de vie, lieu d’échange, lieu d’enrichissement… Peut-être qu’on trouvera là, la solution à leur désertification et au manque d’intérêt qu’elles suscitent chez les jeunes.

J’ose espérer que le fait de poser la question soit déjà une partie de la réponse !

jeudi 12 mars 2009

Mendel Samama s’explique

Ce n’est pas dans mon habitude de répondre systématiquement aux commentaires des Internautes, même si parfois je les trouve injustes et même, frisant la méchanceté.
Pour autant, après ma chronique sur Pourim où j’ai dénoncé le devoir d’ivresse à outrance, je ressens le besoin de préciser ma pensée afin de ne pas blesser ceux qui ont cru comprendre que je critiquais l’esprit des Farbrenguen avec de la Vodka ou l’idée noble que le ‘Hassidisme se fait d’une consommation d’alcool modérée.

L’idée de cette chronique m’est venue suite à une conférence à laquelle j’ai assisté il y a deux semaines, où le conférencier posait la question de Pourim de façon tout à fait délirante : pour lui, le sens de Pourim était le jour de folie par excellence, comme si les religieux avaient besoin d’un jour par an pour assouvir leur besoin de s’affranchir de leur cadre très réglementé régissant leur comportement tout le reste de l’année.

Cette théorie a fait ressurgir un souvenir de jeunesse qui a vraisemblablement dû me marquer. Agé de cinq ou six ans, j’accompagnai mon père qui faisait la tournée de distribution des Michloa’h Manot pour les Rabbanim de la ville et j’ai alors assisté à une scène peu banale, chez un Rav renommé. Ses élèves étaient en train de chanter « Les Talmidim sont des Géonim et les Rabbanim des Mechugayim » (les élèves sont des génies et les maîtres des demeurés) ; je me souviens encore de la mélodie qui rythmait cette aberration. J’ai cru comprendre avec le temps que, pour beaucoup, Pourim demande une grande préparation afin d’appliquer le strict terme de la Méguila qui dit « Venahapo’h Hou » le retournement de situation. Pour eux, il ne s’agit pas seulement de commémorer du retournement de situation historique, il faut aussi le faire.
Oubliant au passage, que le changement de comportement aurait pu être celui d’une plus grande abnégation et la preuve d’une certaine tolérance envers leurs voisins moins pratiquants… en leur offrant par exemple une petite visite surprise, histoire de montrer que nous sommes tous un même peuple et par là même, les aider a accomplir les Mitsvot du jour. Mais malheureusement, ce n’est pas le genre de la maison et ce n’est pas Pourim qui changera la mise !
C’est cette dérive que je dénonce.

En revanche, je ne dénonce pas ceux qui après une longue journée de Mivtsaim et de lecture de Méguila, boivent un peu plus que d’habitude avec le sentiment d’un devoir inaccompli, car au fond d’eux ils se disent qu’ils auraient pu faire plus. Je ne dénonce pas ceux qui, pour puiser au plus profond de leur cœur des paroles pour toucher le cœur des autres, ont besoin de se sentir un peu plus « on a high » que d’habitude. Je ne dénonce pas ceux qui appliquent la phrase : « grande est la gorgée car elle rapproche les cœurs ». Je ne dénonce pas ceux qui suivent le précepte de la Michna : « il faut faire boire la bête avant de l’égorger », s’agissant d’égorger son mauvais penchant bestial.

J’ai un jour entendu dans un Farbrenguen (oui ça m’arrive aussi de boire !) la différence entre un ‘Hassid qui boit et un autre : d’habitude ceux qui boivent le font pour oublier, tandis qu’un ‘Hassid le fait pour se souvenir. Se souvenir de son âme, de son Rabbi, de sa mission, de son devoir etc.
Jamais l’idée de noyer son chagrin dans l’alcool n’effleurera l’esprit d’un « Le’haim ».

Voilà pourquoi j’ai choisi de répondre aux réactions des Internautes et de ceux qui ont choisi de le faire avec élégance en m’adressant un email personnellement.

Et pour la petite anecdote, cette année à la sortie de Pourim, j’ai passé un coup de fil à un Chalia’h en France pour lui poser une question… Au passage je lui ai demandé s’il avait bu, il m’a répondu : « quand tu as lu onze fois la Méguila dans la journée et que tu organises une Séouda pour des centaines de personnes, tu n’as pas besoin de boire pour sentir la fête ! ».
Chemin faisant…

mercredi 11 mars 2009

Des chiffres


Depuis une semaine la presse nationale se penche sur la question de l’assimilation. Vendredi dernier le Figaro, dans un article intitulé « Les juifs redoutent leur extinction à terme », démontrait les inquiétudes de la communauté. Dans son édition d’aujourd’hui, c’est au tour du Monde de se pencher sur le sujet, sous le titre : « A Bry-sur-Marne, le rabbin loubavitch en quête de nouveaux croyants ». Non, ce n’était pas une blague de Pourim !

Le phénomène de l’assimilation est simple. Pour un groupe de 100 juifs au départ, des chercheurs ont montré qu’il resterait 3 après quatre générations dans les milieux laïcs. Il en resterait 13 chez les libéraux, 24 chez les conservateurs, 346 chez les modernes-orthodoxes, 2 857 chez les religieux. Mais ceux-ci représentent une très faible proportion de la communauté ! Extinction, donc, de la communauté d'un côté, expansion de l'autre. Avec des clés chiffrées : le taux de fécondité d'une femme du milieu religieux est de 6,9 ; celui d’une femme appartenant au milieu juif laïc est de 1,2. Quant aux mariages mixtes, ils sont de 72 % chez les juifs laïcs et de moins de 1 % chez les juifs religieux.

Le résultat de ces recherches a été présenté la semaine dernière à Paris, lors d’un congrès de Rabbins, par l’ancien grand Rabbin d’Israël et actuel président du mémorial Yad Vashem, Meir Lau.

Le rabbin Farhi, du Mouvement juif libéral de Paris, a tenté de lui répondre en pondérant non pas les chiffres mais les conclusions. Il a fait remarquer que le judaïsme doit s’ouvrir, y compris sa branche orthodoxe, et noté, pour conclure, que si les écoles juives sont pleines, c’est que ces chiffres sont à prendre avec précaution.

Je sais, monsieur Farhi, ces chiffres sont très difficiles pour un responsable comme vous. Votre arrière petit fils risque de se retrouver avec au mieux 10 % du nombre de vos fidèles et au pire 3 %. Oui je sais, il y aura toujours des nouvelles têtes, mais ce n’est tout de même pas rigolo de se dire que le businesse modèle libéral n’est pas pérenne. Les libéraux seront-il en crise : non pas une crise là tout de suite, avec des très fortes baisse de fréquentation etc…, mais une baisse démographique de long terme.

D’ailleurs, en prônant l’ouverture et la souplesse, vous imaginez accepter tout ceux qui se considèrent comme juifs dans votre communauté. Mais ces personnes auront tellement peu à transmettre à la génération future que celle-ci risque de perdre son intérêt pour la religion et du coup se perdre… La démarche me semble tellement « court termiste » que je me m’interroge sur son utilité.

Je ne considère pas que la seule famille légitime soit la branche la plus dure du judaïsme. Mais si tout le monde est gentil, tout le monde il est beau, et donc tout le monde peu rentrer dans la famille sans en accepter toute les contraintes et les implications (du moins les plus importantes) quelle est donc alors cette identification avec la famille ?

Mon père me disait déjà qu’il ne s’appelait pas Rothshild. J’ai voulu insister, rentrer dans leur famille pour toucher éventuellement une part du patrimoine : je leur ai expliqué que je partageais les mêmes valeurs et les même idéaux qu’eux... Malheureusement, pour des raisons dont vous vous doutez, ça n’a pas marché. Et je n’ai rien touché…

Pourquoi en serait-il autrement pour la religion ?

Photo:© Punit Paranjpe / Reuters. www.lemonde.fr

mardi 10 mars 2009

Pourim

Pourim

Bonjour.
Pourim cette année sera avec ou sans pastis, avec ou sans glaçon dans le whisky, avec ou sans copain, avec ou sans terrasse, avec ou sans ivresse, avec ou sans coca, avec ou sans folie, avec ou sans déguisement, avec ou sans pétards, avec ou sans confettis.
Mais Pourim sera toujours avec joie, avec l’écoute de la Méguila, avec les dons d’argent aux pauvres, avec la distribution des deux mets des Michloa’h Manot, avec le grand festin.
Parce que Pourim est authentique, garde sa recette depuis des siècles, transforme les austères en joyeux, les mélancoliques en enthousiastes et réhabilite les accablés, en les laissant savourer l’ivresse d’une victoire le temps d’une journée.

Mais que reste t-il de la dignité ? Chaque année je me pose une question que je n’imagine ne pas être le seul à poser : pourquoi ce jour là est-il celui de tout les excès ? Comment se fait-il que des personnes posées et respectables se retrouvent ce jour là dans un état souvent lamentable, loin de l’attitude digne que l’on serait en droit d’attendre d’elles ? Qui ne les a vues buvant un verre, un deuxième, et encore conscient un troisième et ainsi de suite jusqu’à ne plus savoir à quel verre s’en tenir…
Pourim serait-il, pour une classe se revendiquant dans la tradition, le jour où tout est permis ? Un jour de joie extrême avec tout ses travers ? Un moment de libération qui ne consisterait qu’à mettre en exergue ce que toute l’année certains se refuseraient à exprimer ? La joie permet-elle de faire tomber les règles de bonnes conduites ? De faire tomber les masques ?

Je sais bien j’ai l’air d’un rabat joie : pendant que tout le monde s’éclate et se poivre, moi je regarde et je me moque. Oh que non ! Je sais aussi ce qu’est faire la fête, et pour cause. Mais je ne me suis jamais fait un devoir de m’enivrer au point de me retrouver comme une loque sur le bord d’un trottoir. Vous allez me répondre que dans la loi il est dit « un homme doit se saouler le jour de Pourim jusqu’à ne plus reconnaître entre maudit soit Ahan et bénit soit Mordé’hai ». Voilà c’est écrit : il faut perdre la tête, perdre conscience, boire, et faire le dingue…

En ce qui me concerne, j’assume préférer une forme de festivité un peu différente de celle-là. Oui, il faut sortir de son état classique, oui il faut trouver le moyen de ne plus se sentir limité dans ses propres habitudes. Pourim est le moment d’une élévation comme le jour de Kippour. Comment y arriver ? La réponse n’est pas tant dans ce qu’il faut faire, mais dans la « façon » dont il faut le faire.

Le but de Pourim n’est pas de boire, n’est pas d’être dans un état second, n’est pas de faire le fou ou d’en profiter pour exprimer à la va-vite toutes les frustrations stocké durant une année.
Pourim est un jour sérieux, c’est un grand jour, et justement, parce que c’est un très grand jour que notre conscience dans son « état de fonctionnement » habituel n’est pas capable d’atteindre et d’apprécier. C’est pourquoi nos Sages ont suggéré qu’il fallait sortir de cette posture habituelle pour se permettre s’atteindre le plus haut. Pourim, c’est au-delà de la conscience.

Certains pensent qu’après la conscience il y a l’animal. Et ils se conduisent en adéquation. D’autres pensent qu’après la conscience il y a l’ange et ils se conduisent en conséquence, également.
A chacun de choisir à quel monde il souhaite appartenir. Le choix que vous ferrez pour Pourim ne sera pas innocent. Il sera avant tout le reflet d’une année passée et éclairera l’année à venir. Vous pensez que je vous propose un Pourim « light » ? Non, je vous en propose un vrai, qui vous propulsera pour le reste de l’année, parce que je n’ai pas envie qu’il soit l’expression d’un zéro.
Avec ou sans Coca ?

jeudi 12 février 2009

Deux tables de la loi


Chronique de jeudi 12 février 2009

Cette semaine nous lirons dans la Torah les dix commandements, donnés sur les deux fameuses tables de la loi. Savez-vous d’ailleurs pourquoi nous avons reçu deux tables ? En effet D.ieu aurait très bien pu les écrire sur une seule… L’histoire très sérieuse raconte que quand D.ieu demanda au peuple juif s’il acceptait de recevoir la Torah, le peuple lui en demanda le prix. D.ieu répondit « c’est gratuit ». « Dans ce cas, donne-nous en deux ! », ont alors répondu les juifs.

Que cache cette plaisanterie ?
La lecture horizontale des tables nous permet une juxtaposition des commandements intrigante, qui a pour résultat de mettre sur la même ligne et de lier le premier commandement « Je Suis l’éternel ton D.ieu qui t’a fait sortir d’Egypte » avec le 6ème commandement « tu ne tueras point ».
Ce qui se cache dans ce message n’est donc rien d’autre que le secret des civilisations futures. Et toute tentative à travers l’histoire de séparer ces deux commandements, de les rendre indépendants, projette nos sociétés vers une défaite morale et le chaos.

Les penseurs et philosophe qui ont défendu que la religion n’était pas nécessaire pour assurer un comportement moral et offrir à l’homme les voies de la liberté ont délibérément ignoré l’éternel en désarticulant le « tu ne tueras point » du « Je suis l’éternel ton D.ieu ».
Alors sont venues les tristes heures de l’holocauste, qui ont mis fin à l’espoir d’un progrès humain basé sur la raison humaine. A Auschwitz, le sentiment d’empathie de l’homme moderne était ruiné pour toujours : les SS pouvaient passer une journée dans le camps de concentration gazant 12.000 êtres humains et rentrer le soir à la maison, sereins, nourrir leur chien et rire avec leur femme autour d’une belle bouteille de vin millésimée, en écoutant du Mozart ou du Wagner. Quel cynisme ! L’horreur absolue.

Elie Wiesel raconte qu’il a fait part au Rabbi de Loubavitch de sa révolte en lui posant la question suivante : « Mais où était D.ieu durant la Shoah ? Pouvait t-il ignorer six millions de ses enfants, morts dans la plus grande cruauté ?» Le Rabbi - qui a perdu une partie de sa famille durant la guerre - le regarda alors avec ses yeux bleu perçants, et pleins de larme, et lui dit : « Et en qui voudrais-tu que j’ai foi ? En l’homme ? »
Quand l’homme prétend défendre des valeurs exclusivement humaines, alors il se rend capable d’être moins qu’un humain.

L’histoire ne s’arrête pas là. De nos jours, certains abandonnent le commandement « tu ne tueras point » pour garder exclusivement le premier, et au nom d’Allah ou de tout autre dieu, se permettent de tuer ceux qu’ils qualifient d’infidèles. L’exemple même de la perversion de la foi. La distinction n’existe plus entre un homme d’affaire New Yorkais, un enfant mangeant une pizza à Jérusalem, des touristes à Bali ou un couple ‘Habad à Bombay. Détaché du « tu ne tueras point », le pouvoir du premier commandement prend d’un coup le visage du fondamentalisme religieux : capable de tuer le jour pour D.ieu et de dormir le soir sans conscience.

Quand D.ieu donna la Torah, il voulut jeter les bases d’une société dont les fondations seraient le respect de l’être humain et de la paix. Il associa alors la foi en Lui à l’interdiction d’ôter la vie humaine. Car la valeur inviolable de la vie est le plus grand témoignage de la croyance en D.ieu en respectant l’homme créé à Son image, et cette valeur doit être gravée dans les tables de la loi en juxtaposant les deux commandements.

Voilà pourquoi nous avons deux tables, et c’est vrai que cette valeur n’a pas de prix !

mercredi 4 février 2009

10 Chevat un Rabbi, pourquoi?


Aujourd’hui, 10 Chevat, est un jour particulier dans le calendrier ‘hassidique et pour cause, le 10 Chevat 1950, le précédent Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak quitta ce monde et un an après, à la même date, son gendre le Rabbi Menahem Mendel Schneersohn prit officiellement sa succession à la tête du mouvement Loubavitch. Ce fut alors vers lui que les espoirs et les regards se tournèrent. Ce fut alors vers lui qu’affluèrent les demandes de bénédictions et de conseils du monde entier.

Naturellement, cette date a marqué un tournant dans le judaïsme d’après-guerre, et depuis, le mouvement Loubavitch a atteint une ampleur qu’aucune autre organisation internationale n’est encore parvenue à égaler. Aujourd’hui, si vous parcourez le globe, il est très difficile de trouver un coin qui ne soit pas couvert par un délégué, prêt à vous accueillir les bras ouverts pour un repas de Chabbath ou un cours de Torah.

Pourtant, ce n’est pas tant de cette dimension dont j’ai envie de vous parler, mais d’une interrogation que j’ai entendue plus d’une fois : Pourquoi y a-t-il chez les Loubavitch une telle fascination pour leur Rabbi ? Pourquoi se tournent-ils toujours vers lui au moindre doute ou pour la plus petite question ? Cette ferveur ne serait-elle pas un peu « too much » ?

Alors, laissez-moi vous dire que la section de la Torah que nous lisons cette semaine me permet justement d’expliquer cette attitude, issue d’une des plus anciennes traditions juives.

En effet, la Torah nous raconte que lorsque la Mer Rouge s’est ouverte en deux, le peuple se mit alors à chanter. Juste avant cela, le texte énonce : « Et le peuple a vu la mer ouverte, alors il a cru en D.ieu et en Moïse Son serviteur ». Ici, une question flagrante se pose. Moïse n’ayant fait que ce que D.ieu lui avait ordonné, il ne fût donc qu’un simple exécutant… Pourquoi quand le peuple a cru en D.ieu, a-t-il nécessairement eu besoin de croire en Moïse ?

La réponse est toute aussi évidente : en fait, jamais le peuple d’Israël n’avait pensé que Moïse avait acquis un pouvoir personnel ou indépendant, non ! Chaque geste de Moïse n’était que l’exécution d’un ordre Divin. Mais en même temps, le peuple avait pris conscience que sa propre croyance n’était pas possible ni suffisante sans l’aide d’un Moïse, qui leur servait de point d’attache. Les Hébreux avaient besoin d’un repère auquel ils pouvaient s’accrocher, pour que se dévoile leur foi, tantôt vacillante, tantôt intègre, mais toujours difficile à exprimer.

Ainsi en est-il de l’attachement d’un élève à son maître. Un maître est certes, celui par qui le savoir est transmis, mais pas seulement, car plus que des enseignements, il prodigue des conseils, des repères, tel un phare qui éclaire la voie de ceux qui souhaitent avancer, guidés par sa lumière.

Voilà pourquoi le Rabbi de Loubavitch, sans doute issu de la prestigieuse lignée des leaders du peuple juif, à l’image d’un Moïse à son époque, fut toujours entouré d’autant de disciples, qui ont souhaité trouver en lui, non seulement la transmission d’un immense savoir, mais surtout la vision d’un guide. La vision de l’apport de notre tradition pour notre monde, au-delà des frontières de la synagogue ou des centres d’études. La vision d’un monde global en paix et en harmonie avec tous ses éléments.
Inspirons-nous de cet héritage pour qu’il devienne une réalité concrète dans notre vie.
Bonne journée.

mardi 20 janvier 2009

Chez moi tout est dans le cœur !


Chronique de mardi 20 janvier 2009

Qui n’a jamais entendu un ami ou un proche dire « moi je suis juif dans le cœur, mettre les Tefilin ce n’est pas mon truc », ou alors « je préfère être honnête et juste que religieux et voleur » ? J’ai alors pour habitude de répondre du tac au tac : « attention le cœur est un organe fragile, mieux vaut répartir ses efforts sur tout le corps !»

Plus sérieusement, cette remarque a été traitée voilà deux siècles par un homme dont nous commémorons la disparition aujourd’hui. Nous sommes le 24 Tevet, et le même jour en 1812, le Rabbi Chnéour Zalman de Liadi - celui que tout le monde appelait «Alter Rebbe, le vieux Rebbe» - quittait ce monde.
Qu’a t-il fait pour résoudre ce problème cardiaque ? Il est l’auteur de deux ouvrages qui trônent aujourd’hui dans toute les bibliothèques juives dignes de ce nom : je parle du Choul’han Arou’h, le code civile et pénal juif dont la précision dépasse celle de tous les textes précédents, et du Tanya, chef-d’œuvre de la pensée juive et ‘hassidique.

En quoi consiste la révolution du Tanya ? Pourquoi a-t-il suscité tant d’opposition, particulièrement dans le monde religieux? Longtemps, le judaïsme été vécu comme un code de vie, associé à des pratiques uniquement mêlées à des réflexion d’ordre purement technique sur la raison de telle ou telle coutume.
Mais qu’en est-il du cœur ? Quelle est la place des sentiments et de l’enthousiasme dans tout ça ? Quel élan doit animer ma générosité ou ma prière ? Comment gérer l’adversité et les conflits intérieurs ? En d’autres termes, et la question est extrêmement banale : quelle place pour la dimension humaine, dans son sens le plus noble du terme, dans le judaïsme ?

Autant les questions sont passionnantes, autant l’opposition est virulente. Car pour certain – les opposants - selon le Talmud, l’homme doit se plier à une logique implacable, quitte à en supporter les contradictions et paradoxes dans sa vie quotidienne.

C’est à la résolution de cette équation que le «vieux Rebbe» consacra sa vie : donner la possibilité aux gens de vivre dans une harmonie profonde, jeter des ponts et des passerelles entre les qualités du cœur et de l’esprit toute en donnant une importance primordiale à l’action. Ne pas voir le monde qui nous entoure comme un obstacle à l’évolution spirituelle de l’homme, mais comme l’objet d’un passionnant défi, celui de lui révéler sa dimension la plus profonde.

Je pense que cette leçon n’a jamais été autant d’actualité. C’est pour cela qu’aujourd’hui je dis «merci» au vieux Rebbe… Bonne journée !

lundi 19 janvier 2009

Quel vide ?


Chronique de lundi 19 janvier 2009

Je ne prétends pas être le meilleurs analyste ou observateur de l’actualité. Mais ça saute aux yeux : les institutions juives ne savent plus quoi faire. Prendre parti pour défendre Israël, c’est normal : ont-elles le choix ? Mais jusqu’où montrer leur solidarité ? Car quand elles la témoignent aux Israéliens, on les accuse de ne pas en faire autant pour les victimes palestiniennes.

C’est vrai, il faut l’admettre, un étau se referme sur les institutions.
La question se pose encore bien plus pour les associations qui ont pour vocation première d’être actives dans la cité, dont les interlocuteurs ne sont pas toujours du même bord. Je pense notamment à l’Union des Etudiants Juif de France. Depuis le début du conflit elle n’a cessé d’abreuver les médias avec des communiqué plus ou moins maladroits.
Ce n’est pas le Président du CRIF Richard Prasquier qui dira le contraire, puisqu’à l’émission "parlons-net" il s’est désolidarisé des propos du jeune président de l’EUJF qui affirmait que les derniers actes antisémites «nous rappelle les heure les plus sombres de notre histoire». Et Prasquier de lui rétorquer que la comparaison est «scandaleuse»…

Il est tout de même étonnant qu'une association d’étudiants qui a pignon sur amphi mette tant d'ardeur à défendre des positions qui, même justifiées, risquent à terme de porter atteinte à sa mission première en favorisant l'amalgame entre les étudiants juifs et Israël. Ce qui est d'ailleurs en train de se passer...
Peut-être que la tentation de la médiatisation est telle que, dans une organisation qui a souvent servi de rampe de lancement politique à son président, l'absence de réaction serait vécue avec une trop grande frustration, voir comme une punition... Je ne sais pas…

On a en tous cas l’impression que les institutions juives de France, c’est-à-dire le CRIF, le Consistoire, les associations d’étudiantes etc., ont endossé le rôle de porte-paroles du gouvernement Israélien. De gré ou de force.

Pourquoi ?
On plébiscite beaucoup trop vite la communication d’Israël sur ce conflit, quitte à oublier qu'elle est peu active en France. Pourquoi les représentant de la communauté juive de France sont-ils interrogés dans les medias sur la justification de la guerre à Gaza ? N’y a-t-il pas de représentants d’Israël en France ? Pas de porte-parole ?

La nature a horreur du vide, c’est bien connu. Or le vide d’explications est grand. Certains vont dans les medias sans avoir le choix de faire autrement : leur représentativité les place en première ligne et leur attachement à Israël les oblige à prendre sa défense. Mais d’autres, parfois, s’engouffrent dans la brèche pour bénéficier d’une couverture médiatique plus large. Et, à défaut de faire l’actualité pour de bonnes raisons, se contentent de sauter sur elle…

Espérons que le cessez-le-feu sifflera la fin de la récréation et qu'enfin chacun retournera à sa place... Et moi à la mienne... Bonne journée!

jeudi 15 janvier 2009

Dividendes


Chronique de jeudi 15 janvier 2009

Peut-on distribuer des dividendes à ses actionnaires quand on a perçu de l'argent public ?
Voici la question éthique que les banques et certaines entreprises se posent en ce moment.

Quand des entreprises reçoivent de l’argent public pour renflouer leurs fonds propres - sans quoi certaines se seraient retrouvées en grande difficulté, voire dans l’obligation de mettre la clé sous la porte - est-il moralement correcte et acceptable de rémunérer leurs actionnaires ?

En lisant cette question dans le Monde daté de ce matin, je suis resté perplexe. Quelle serait la position, l’éthique rabbinique à ce sujet ?

J’ai alors pensé à la fameuse blague de Moïse et David qui se rendent un lundi matin chez le Rabbin de la ville pour lui poser une question urgente. « Monsieur le Rabbin, demande David, c’est important. Dites-moi, le noir c’est une couleur ou non ? » « Excellente question, donne moi deux minute ». Liant le geste à la parole, le rabbin va chercher dans sa bibliothèque un gros volume du talmud et après consultation, affirme que le noir est bien une couleur. « Ha oui ? Merci Monsieur le Rabbin, mais dites-moi, le blanc aussi, vous pensez que c’est une couleur ? » Studieux et patient le rabbin admet que la question est vraiment pertinente. Et après un nouveau coup d’oeil au talmud, annonce à David que le blanc également est une couleur.
Là, David se tourne vers son ami : « tu voit bien Moïse, le Rabbin aussi est d’accord avec moi : la télé que je t’ai vendue hier est une télé couleurs !»

Certes, les places boursières en fin d’année 2008 on broyé beaucoup de noir mais la question qui se pose est justement de savoir s’il est logique de rémunérer une action dont la valeur est en noir et blanc pour le prix de la couleur.

On pense au passage que ceux qui vont continuer à voir la vie en noir, ce sont les salariés, qui, au mieux vont garder leur emploi sans recevoir aucun dividende pour les efforts supplémentaires qu’ils vont devoir consentir cette année pour garder le même rendement. Ou pire, devoir repasser par la case départ du tout nouveau pôle emploi.

Mais c’est également vrai que le blanc et le noir sont formellement des couleurs, et que l’ont pourrait donc payer ces fameux dividendes.

Après tout des bénéfices ont bien été enregistrés. Mais éthiquement parlant ? Peut être faudrait-il attendre que tout le monde puisse profiter de la couleur de cet argent, et en premier lieu les salariés, avant de rémunérer les actionnaires. Ou encore attendre encore que les actions retrouvent un peu de couleur...

Houlala, je sens qu’aujourd’hui je vais en voir de toutes les couleurs. Bonne journée.

mardi 13 janvier 2009

Don't worry, be happy!


Ce n’est pas Marc-Alain Ouaknin qui aurait déposé un recours contre le slogan publicitaire qui fait scandale actuellement en Grande Bretagne : « there’s probably no G.od, Now stop worring and enjoy your life », « Il n’y a probablement pas de D.ieu. Alors arrêtez de vous inquiéter et profitez de la vie ».
Remarquez, moi non plus je n’aurais pas intenté d’action contre ces affiches, mais peut-être, voire sûrement pas pour les mêmes raisons, mais qu’importe…

Cette campagne d’affichage est partie d’une souscription à l’initiative d’une jeune journaliste de 28 ans nommée Ariane Sherine. Elle raconte dans le Figaro d’hier qu’elle est destinée à rassurer les non-croyants.

Donc, essayons de bien comprendre : un non-croyant angoissé pense « peut-être que je me trompe totalement et que D.ieu existe bel et bien… dans ce cas, je risque l’enfer ou alors si c’est D.ieu qui dirige le monde, Il m’a peut-être réservé un sort vraiment quelconque, je vais donc rester sans emploi et mes actions à la city ne vont jamais remonter ».

C’est alors qu’arrive cette super pub sur les bus ! « Hey my friend, ne t’inquiète pas, D.ieu n’existe pas, vas-y, fais la fête, tu n’es que le fruit du hasard et ta vie n’a aucun but, tu n’es là que pour consommer et t’amuser ».
Mais attendez, si j’avais une angoisse c’est que quelque part j’y croyais, car si je n’y croyais pas du tout, pourquoi aurais-je eu à la base un soupçon d’inquiétude ? Dans ce cas, le slogan aurait dû me dire que D.ieu n’existe pas. Pourtant, il avance plutôt que «probablement - donc sans aucune certitude - D.ieu n’existe pas ».

Et si moi, avec ma chance de gagnant au loto, le 1% de probabilité que D.ieu existe, tombait sur ma tête ?
Quel stress… que de doutes… quelle angoisse, cette pub ! En une seconde, elle remet en cause toutes mes certitudes d’athée.
Vite, un Rabbin pour m’aider !

Et comme le Figaro fait bien les choses, quelques pages plus loin figure une interview du nouveau Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim. C’est ainsi qu’il y explique posément – de façon concise – que la dignité, la sérénité de l’homme et son bien-être passent par sa croyance en D.ieu et par l’application de certaines lois, comme celles du Chabbath qui ont pour but de remettre l’homme au centre de la société, histoire de le détacher un peu du tourbillon de la consommation. Merci pour les soldes !

Mais le journaliste n’a pas osé le questionner pour savoir quel slogan il aurait affiché sur les bus français…
Comme il n’a pas eu cette opportunité, alors permettez-moi de vous donner ma réponse en exclusivité…
« Il y a un D.ieu. Alors arrêtez de vous inquiéter et profitez du chemin de la vie. En effet, dans la Tradition, la Torah est appelée Torat Haïm, la vie ».
Auditeurs, auditrices, vous qui m’écoutez derrière votre poste de radio, quand je vais vous souhaiter une bonne journée… vous répondrez… Amen !

samedi 10 janvier 2009

Quel camp ?

Chronique de vendredi 9 janvier 2009

Hier n’a pas été une journée honorable pour l’Histoire, et pour cause… par deux fois, les camps de concentration ont été assimilés aux conditions de vie actuelles de Gaza.
Le Pen, tout d’abord, lança cette comparaison entre Gaza et un camp de concentration, mais aussi le Ministre de la Justice et de la Paix du Vatican, le Cardinal Renato Martino qui déclara : « Regardons les conditions (de vie) à Gaza : cela ressemble de plus en plus à un grand camp de concentration ».

Naturellement, je m’indigne et je vomis à l’écoute de tels propos. Mais je pense que ce qui est lamentable dans toute cette histoire, y compris concernant les différentes réactions ici ou là de journalistes et d’écrivains, c’est que bien souvent, les gens ne savent pas de quoi ils parlent !

Je ne m’attarderais même pas sur les provocateurs, comme Le Pen ou autres, qui tellement pauvres de contenus, ne trouvent une raison à leur existence que dans le pire, à défaut d’avoir cherché le meilleur.
De ceux là, je n’ai pas envie de parler !

J’aimerais dire plutôt aux gens de bonne volonté, désireux de comprendre, ce qui se passe réellement…

Je ne suis pas géopoliticien moi-même, mais certains paramètres doivent tout de même être pris en compte :

1. Tout d’abord, saviez-vous que le territoire de Gaza, vaste de 360 km2, compte une population d’un million et demi d’habitants ? Pour vous donner un ordre de grandeur, c’est trois fois la taille du Resort World Disney. Désolé pour la comparaison !
2. La bande de Gaza possède en réalité trois frontières : l’une maritime, une autre avec Israël et l’autre avec l’Egypte.
3. Depuis le mercredi 17 Août 2005, Israël s’est retiré de la bande de Gaza ; suite à des combats très violents entre le Fatah et le Hamas lors d’élections en juin 2007, les Gazaouis ont élu le Hamas.

Mais attention, Gaza n’est pas un désert. Non ! Gaza c’est une côte magnifique dont les plages feraient rêver beaucoup d’agences de voyage et des millions de touristes.
Gaza, c’est une frontière avec l’Egypte, idéale pour travailler ou pour commercer.
Gaza, c’est une forte population active avec une industrie en plein essor.
Gaza jouit de la proximité d’Israël et de sa technologie pour développer le commerce.

Non, malheureusement, Gaza n’est rien de tout cela !

Pourquoi ? Parce que la communauté internationale n’a pas compris que les premiers ennemis des habitants de Gaza sont les terroristes du Hamas, qui grâce à leur argent corrompu, ont acheté les Gazaouis au début avec un semblant d’œuvres sociales et éducatives etc. mais qui par la suite, ont mis à leur merci une population qui n’a aujourd’hui aucun droit démocratique.
Les gens ont faim, ont soif, il n’ont pas de système de santé et ne peuvent bénéficier d’aucune éducation. Enfin, rien de ce qu’une population est en droit d’attendre de son gouvernement.

Je ne vais pas vous demander la faute à qui.

Mais je pose une question : l’Egypte, pays voisin et ami n’ouvre pas sa frontière aux Palestiniens, pourquoi ?
On stigmatise Israël qui ferme ses points de passage, mais qu’en est-il avec l’Egypte ?

Alors, tandis que le Hamas crée des tunnels pour faire de la contrebande d’armes, il aurait mieux fait de se préoccuper du bien-être de ses administrés.

Enfin, c’est juste une toute petite idée !

jeudi 8 janvier 2009

L’argent des fondations


Chronique jeudi 8 janvier 2009

L’affaire Madoff a ébranlé beaucoup de monde… Les 50 milliards de dollars qui sont partis en fumée n’ont pas seulement causé la mort d’investisseurs ou de fonds de pension, mais aussi des dizaines de fondations, juives de surcroît.

Elie Wiesel ou Steven Spielberg ont fait la une des journaux, oh ! pas pour promouvoir un nouveau film ou un livre, mais pour parler des millions, voire des milliards de dollars de leurs fondations, engloutis dans l’escroquerie Madoff.

Certes, ils ne sont pas les seuls et de nombreuses petites ou grandes fondations qui géraient de l’argent en provenance de donateurs particuliers, avec pour vocation le développement de la culture juive ou la mémoire de la Shoa ont, elles aussi, mis la clé sous la porte.

Cette affaire a permis de faire la lumière sur un mécanisme qu’il me semble légitime de remettre en cause. Est-il normal que de l’argent qui a été donné pour une œuvre caritative, culturelle ou autre, soit placé dans un compte pour faire des petits ?

Ce n’est pas tant la question de la fiabilité du placement qui est en cause, mais c’est plutôt le blocage de ces fonds qui pose problème. Evidemment, l’objectif est d’utiliser les intérêts générés à des fins sociales, mais entre temps, la personne qui a été sollicitée pour faire un don pour une cause spécifique et qui souvent est présentée sous ses aspects les plus urgents, se retrouve avoir placé ses euros dans un compte bloqué.

S’agissant de fondations privées alimentées par des fonds personnels, cela ne me regarde pas. Mais ce n’est pas toujours le cas… On sait que certains établissements éducatifs en France ont de l’argent placé - parfois des millions d’euros - et qu’en même temps, ils refusent d’accepter un enfant parce que les parents n’ont pas de quoi payer sa scolarité !

Je pense qu’il est temps de créer un système de transparence quant à l’utilisation des fonds, afin que chacun sache exactement la destination de ses dons : si l’argent donné le matin à un établissement ou une institution est dépensé dans la journée pour créer et faire vivre ses projets au quotidien ; ou alors s’il s’agit d’un placement investi dont seuls les intérêts serviront plus tard.

Quand je pense que parfois, certaines structures luttent pour essayer d’assurer à leurs institutions une pérennité matérielle… Bien souvent, vous le savez, leur plus grand problème est de trouver les moyens de faire vivre et d’alimenter les programmes socio-éducatifs ou pour la jeunesse. Cela n’est-il pas le plus grand et le plus sécurisé des investissements ?

Car former nos jeunes pour devenir des membres dignes et honorables, c’est non seulement s’assurer de la pérennisation des structures communautaires, mais aussi de ses futurs cadres et plus grands donateurs.

Et croyez-moi, que ce n’est pas un Madoff qui pourra faire couler la cotation d’un bon rabbin !

Bonne journée !

mercredi 7 janvier 2009

Inquétude

Chronique mercredi 7 janvier 2009

Inquiétude… voilà le mot qui circule de plus en plus depuis 24h dans la bouche des membres de la communauté juive de France.
Après l’attaque à la voiture bélier lundi soir contre une synagogue à Toulouse et les tags sur la synagogue de Lingolsheim, on a l’impression que le conflit Israélo-Hamas est en train de rejoindre l’Hexagone.
En tant qu’individu profondément attaché aux valeurs de la démocratie et de la liberté d’opinion, je n’ai rien contre ceux qui défilent et manifestent dans les rues en France pour plaider telle ou telle cause, même si c’est pour défendre les palestiniens. Et ce, même s’ils se trompent sur la situation géopolitique. Après tout, le droit à l’erreur et l’ignorance ne sont pas un crime…

En revanche, ce qui est totalement inacceptable, c’est la violence des propos tenus lors de ces manifestations. Des slogans antisémites et anti-Israéliens ont été clamés tout en brûlant le drapeau d’Israël ! Là, certaines limites ont vraiment été dépassées et il n’est pas digne de la République de laisser déferler une telle vague de violence et de haine dans nos rues.
Les débordements qui ont suivi ici et là en brûlant des voitures, en cassant et en pillant des magasins à proximité apparaissent presque comme secondaires...

Nous sommes en droit de nous poser la question : des actes de ce genre sont-ils spontanés ou bien ont-ils été prémédités ?
Existe-t-il en France des mouvements qui affichent ouvertement leurs opinions politiques radicales vis-à-vis d’Israël ? En commençant par qualifier Israël « d’entité sioniste », ce qui est un déni pur et simple de l’aspect étatique du pays. Ses citoyens se retrouvent ainsi réduits en tant que « militants sionistes ayant spolié la terre du pauvre peuple palestinien ». Allons-y, tous les moyens sont permis pour l’en chasser définitivement !

Malheureusement, des mouvements de la sorte existent bel et bien en France. Sont-ils majoritaires ? Je ne le pense pas. Mais la question aujourd’hui est en fait de savoir si l’Islam modéré de France va se désolidariser de cette frange et la marginaliser.
Quant à la République, elle ferait bien de s’interroger sur le droit à l’existence de ces types de mouvements ! Car ici, ce n’est pas « juste » de liberté d’expression dont il s’agit, mais plutôt de savoir si un groupement qui s’oppose aux valeurs universelles et fondamentales, peut profiter à sa guise de ce pays qui lui offre tant de droits, tout en rejetant ses devoirs et ses valeurs ?

L’importation du conflit, ce n’est pas défendre sa position. L’importation du conflit, c’est ne pas laisser l’autre défendre son point de vue en proférant des menaces et des propos violents.

Juifs de France et défenseurs de la République, ne reculez pas devant l’intégrisme. Car quand la République recule, ce sont nos valeurs qui agonisent.

Restez vivants et fiers de ce que vous représentez !

Bonne journée !

vendredi 5 décembre 2008

Entre rires et pleurs…


Chronique du jeudi 4 décembre 2008

Aujourd'hui j'aimerais vous raconter une histoire.

Il y a de cela environ 2000 ans, quatre Sages éminents de l'époque de la Michna étaient en train de marcher à Jérusalem, près du Temple en ruines. Quand soudain, ils aperçurent un renard sortant du Mont du Temple. Trois des Sages se mirent à pleurer, tandis que le quatrième, qui n'était autre que le grand Rabbi Akiva, se mit à rire. Les trois Sages furent très étonnés par cette joie et voulurent comprendre l'attitude de Rabbi Akiva.

Vous le savez bien, un juif répond toujours à une question par une autre question… aussi, Rabbi Akiva leur demanda : « Mais pourquoi pleurez-vous ? »

Ils lui répondirent : « A cause de la douleur et la tristesse de voir le Mont du Temple dans un tel état de destruction».

Rabbi Akiva leur dit: « Moi, c'est justement cela qui me fait rire, car si la prophétie de la destruction du Temple s'est accomplie, c'est donc la preuve que celle sur sa reconstruction va elle aussi se réaliser ».

Les trois Sages approuvèrent en chœur : « Akiva, tu nous as consolés ! »

Voici comment un même événement, très triste et vécu dans une immense douleur, peut être une raison de pleurer et en même temps, de rire et d'espérer…

Voyez ce que le peuple Juif endure et a enduré dans un passé proche ou lointain, depuis la destruction du Temple, les pogroms, les tortures et la Shoa ou aujourd'hui la mort atroce des victimes de Bombay dans des conditions effroyables.

D.ieu sait combien de torrents de larmes ont coulé depuis vendredi dans les foyers du peuple juif et dans le monde entier…

Et pourtant si Rabbi Akiva était là, il aurait certainement trouvé le moyen de nous faire aussi rire. Non pas d'un rire futile et léger, mais d'un rire plein d'espoir et de réconfort.

Car si la souffrance est grande et incompréhensible, c'est autant de raison de crier et de demander que cela cesse.

C'est un cri profond, sincère et entier. Un cri qui ne se calcule pas.

Un cri confiant et convaincu que si la peine et le mal ont trouvé une réalité dans ce monde, c'est bien la preuve que le réconfort et le bien s'y trouvent aussi.

De cette capacité à trouver l'espoir du cri, nous ferons jaillir la lumière de l'obscurité.

Mais cela dépend de nous tous et de notre capacité à nous mobiliser pour faire le bien autour de nous.

Alors, même les trois autres Sages, l'ensemble du peuple Juif ainsi que l'humanité toute entière se joindront à Rabbi Akiva dans un rire éternel.

Bonne journée !

lundi 1 décembre 2008

Se taire


Chronique de lundi 1 décembre 2008

C'est atroce, horrible, terrible… enfin, les adjectifs pour qualifier l'assassinat de Gaby et Rivki Holtsberg à Bombay ne manquent pas. Et pourtant, c'est inqualifiable.

En 2449 de la création du monde, le jour de Roch 'Hodech Nissan, le premier jour du mois, appelé mois de la délivrance, Nadav et Avihou, les deux enfants du Grand Prêtre Aaron sont entrés dans le Saint des Saints du Tabernacle, le Temple mobile qui suivait le peuple juif dans le désert.

Malheureusement, ils ont été foudroyés et sont morts sur place.

Moïse vient alors chez son frère Aaron pour le consoler, et il lui dit : « Sache que si tes deux enfants sont morts, c'est parce qu'ils sont les meilleurs d'entre nous, et D.ieu Se sanctifie avec les meilleurs ».

Aaron écoute son frère avec attention et la Torah nous dit : « Vayidom Aaron » et Aaron s'est tu. Il ne répondit pas, il n'était pas d'accord. Vraisemblablement, cela ne le consola pas.

3220 années après, le jour de Roch 'Hodech Kislev 5769, le premier jour du mois de Kislev également appelé le mois de la délivrance selon la tradition 'Hassidique... Ce jour là, deux fidèles prêtres et serviteurs qui ont consacré leurs vies au service du peuple juif, sont morts dans le Temple, dans le centre communautaire Loubavitch qu'ils ont construit par leurs efforts et leur détermination. Un Temple de bonnes actions et de rayonnement de la lumière de la Torah, de gentillesse et de partage, de bonté et de aix. Dans ce Saint des Saints d'amour du prochain, ces deux prêtres ont rendu leurs âmes.

En laissant derrière eux le petit Moïshele qui aura vécu son deuxième anniversaire orphelin…

D.ieu, pourquoi T'as laissé faire ça ?

Que dire ? Que faire ? Que penser ? Où est la justice ? Pourquoi le mal arrive-t-il aux gens bons ? Pourquoi eux ?

Autant de questions et d'interrogations que tout le monde se pose aujourd'hui...

Certains vous tenter de faire comme Moïse en donnant une quelconque explication ou consolation ; mais je préfère rester comme Aaron. « Et Aaron s'est tu »… rester avec la peine, rester avec la certitude qu'il n'y a pas d'explication humaine à cela.

Il n'y a pas de raison, il n'y a pas d'explication. C'est un vide.

Ce vide qui ne pourra être comblé par aucun acte, aucune action, aucune résolution, aucune vengeance.

Seule la venue de Machia'h et la résurrection des morts pourront essuyer l'océan de larmes qui a été versé par l'ensemble du peuple juif et au-delà. Car le ciel pleure aussi.

C'est aussi cela, croire en D.ieu…

Bonne journée.

jeudi 27 novembre 2008

Cartier… Libre !


Chronique du jeudi 27 novembre 2008

Même chez Cartier on ne reconnaît plus le vrai du faux !

C'est la leçon à retenir de l'information d'hier soir. Nettement plus important que la rencontre Aubry-Royal ou que le match nul entre Bordeaux et Chelsea en ligue des Champions.

C'est bien le vol d'une bague d'une valeur de 635.000 Euros qui a défrayé la chronique.

Un couple qui prétendait venir du Qatar est arrivé dans cette boutique Cartier du 8ème arrondissement de Paris et réussi à subtiliser la bague en question. Hé oui, c'est vraiment ballot ! Mais c'est une « ruse »… Une ruse à plus d'un demi-million d'Euros. Il suffisait de remplacer la vraie bague par une vulgaire copie en détournant la vigilance de la vendeuse très expérimentée et le tour fut joué. Quand les responsables du magasin s'en sont rendu compte, les malfrats étaient déjà bien loin. Vite, courez !

Ha la la ! Si même chez Cartier, on confond le vrai et le faux, c'est que notre baromètre des valeurs est tombé bien bas.

Et pourtant, pourtant, c'est bien ce qui aurait pu nous arriver cette semaine avec la Paracha. En effet, la section que nous allons lire ce samedi nous racontera l'histoire de deux frères : l'un qui s'appelle Esaü, mauvais, menteur et voleur ; et l'autre Jacob, gentil, sage et sans histoires.

Le menteur fait croire à son père qu'il est bon et gentil et son père décide de le bénir. Mais le sage y voit là une injustice ; il décide de prendre les choses en main et c'est lui qui finalement trompe son père pour être béni.

Lorsque le menteur Esaü arrive, il est déjà trop tard… son frère est déjà parti avec les bénédictions !

L'arroseur arrosé !

Alors ce matin vous allez vous dire : « C'est fou ça, Mendel nous fait l'apologie de la tromperie ! ». Ne vous méprenez pas, ce n'est pas mon genre. En revanche la superposition de ces deux histoires me donne matière à réfléchir.

Comment Cartier, cette maison centenaire et authentique, peut-elle se tromper et prendre la pâle et laide copie pour un original ?

J'aimerais plutôt vous poser cette question : les clinquantes images véhiculées par ces bijoux souvent ostentatoires ne sont-elles pas au fond la vraie supercherie des temps modernes, comme une course effrénée vers toujours plus de superficialité ?

C'est sûrement pour cette raison que Jacob n'a pu supporter de voir son frère se faire bénir par son père, ça aurait été comme qui dirait, voir cette bague de Cartier porté par un démon…

Il a trompé le faussaire pour rétablir la vérité!

Quelle brillante leçon… Bonne journée !

mercredi 26 novembre 2008

La Neige…


Chronique du mardi 25 Novembre 2008

La neige, la neige ! Comment faire une chronique et réussir à parler de neige durant 2 minutes ? Pourtant c'est bien de cela dont j'ai envie de vous parler ce matin.

Pourquoi ? Car en regardant depuis New York les images de la neige qui tombe sur l'Europe, je n'ai pu m'empêcher de remarquer à quel point le monde semble tellement uniforme sous ce manteau blanc.

Les voitures, les maisons, les supermarchés,  les centres villes et les aéroports recouverts tout de blanc perdent d'un coup toutes leurs singularités.

C'est fou à quel point ce pourquoi nous avons tant travaillé, c'est-à-dire, donner à ce que nous faisons la marque de notre propriété en y apposant notre touche personnelle, et bien, tous ces efforts s'effacent en un instant pour donner place à une masse uniforme qui suit comme par magie l'ondulation de la nature.

C'est cette nature, bien qu'éphémère, qui reprend le contrôle pour nous envoyer ce message profond. Notre monde, où malgré toutes les tentatives humaines de vouloir se l'approprier et lui imposer son diktat, refuse le temps d'une leçon de céder et de rompre.

Cette force transparaît dans la simple évocation d'un flocon de neige... Lorsqu'on le tient en main, seul, le flocon fond aussi vite qu'il y tombe. Mais associé
à un autre puis à des milliers d'autres, il devient alors puissant et résistant.

De grosses pelleteuses, du sel et des centaines d'heures sont nécessaires pour déblayer ces petits flocons des axes routiers et des lieux publics. Quelle puissance ces flocons, vous dis-je !

Mes amis, ce matin, j'aimerais vous faire comprendre que ces flocons représentent tous les petits gestes, les paroles de gentillesse, de bien ou les bonnes actions que chacun accomplit au cours de sa journée.

Certes, ces petites actions, seules et isolées, ont l'air tellement fragiles, éphémères et sans répercussion aucune.

Et pourtant, tous ces petits flocons de bonnes actions associés aux centaines d'autres qui tombent et se répandent sur notre monde, prennent tout à coup une puissance inespérée et insoupçonnée.

Les différences, les arrogances des uns et des autres ne sont plus visibles sous cette couverture blanche de bonnes actions. Et c'est précisément de cela dont notre monde a besoin: un monde solidaire, un monde souriant, un monde fraternel, bienveillant envers les autres.

Si cette neige nous permettait de prendre conscience ne serait-ce que de cette leçon, tous les désagréments qu'elle occasionne seraient tellement mieux vécus... A méditer.

Bonne journée!


 


 

Diversité culturelle

Chronique du vendredi 21 novembre 2008

Aujourd’hui le CNRS lance les 24 heures de la diversité culturelle, parce que "La diversité culturelle est un enjeu politique mondial", explique le directeur à l'origine de cette initiative. "Plus il y a de mondialisation, plus il y a une standardisation ; or, les peuples ne veulent pas abandonner leur identité culturelle, poursuit-il. On n'aura jamais plus de pays homogènes culturellement. Il faut donc un minimum de tolérance et de représentativité."

Nous sommes là devant une reconnaissance magnifique de la différence.

Mais nous sommes également en droit de nous poser la question : quel est ce type de tolérance que nous recherchons ? Une tolérance de façade ? Une tolérance aveugle ? Une tolérance hypocrite, juste pour faire joli ?

Moi je pense que nous voilà devant un défi majeur de la société actuelle. D’un côté nous vivons dans un monde ouvert, avec des distances réduites, une circulation et un accès à l’information allant à la vitesse de la lumière. Mais d’un autre côté, les clivages de la société se sont accrus et nous ne sommes même pas capables de nous intéresser à la culture de notre voisin sans un apriori négatif.

Ce qui donne pour résultat : un monde ouvert avec des sociétés fermées !

Quelle est la solution ? Comment s'ouvrir à l’autre ? Comment lui permettre de découvrir ce qui se cache derrière mon uniforme ?

Je pense qu’il faut permettre à l’autre de découvrir, par l’enseignement positif. Je crois à l’ouverture sur le monde. Ce qui signifie pour moi, que la pratique et les actes de notre culture doivent être expliqués, enseignés et partagés pour le plus grand nombre afin de permettre à chacun de se rapprocher intellectuellement de cette culture.

Vous l’avez compris, je suis partisan d’un Judaïsme ouvert, pédagogue et sans complexe !

L’époque du juif à la maison est aujourd’hui contre-productive, cela éveille la suspicion et ne créer pas de lien sociétal. Or de nos jours, ces liens sont essentiels à la compréhension et l’acceptation de l’autre.

 J’y crois et je suis convaincu qu’à terme, ce n’est pas uniquement une tolérance superficielle qui sera atteinte, mais bien plus que cela, ce seront le respect de l’autre et son intégration dans le paysage de notre cité.

Quelle ambition ! Bonne journée et n’oubliez pas que Chabbat commence à Strasbourg à 16h25. Chabbat Chalom !

vendredi 14 novembre 2008

Avraham et le PS : Premier Secrétaire…


Chronique du vendredi 14 novembre 2008

Aujourd'hui à Reims va s'ouvrir l'événement, avec un grand E, du parti socialiste, le congrès. Il faut bien trouver une personne pour remplir la fonction de premier secrétaire. Suspens, suspens, je retiens mon souffle… Ha… La bataille va être rude, les coups bas vont de multiplier, et pendant ce temps là, la droite se frotte les mains.

Mais au fait, tout ça pourquoi ? Pour être secrétaire…

Vous imaginez ! La bataille chaque matin dans votre bureau ? Vous avez les secrétaires qui se battent « J'ai envie d'être le premier secrétaire ! Non c'est moi… » Franchement pour faire quoi ? Secrétaire, faut pas exagérer tout de même.

J'avoue que ce terme de premier secrétaire m'a toujours laissé dubitatif. Pourquoi le dirigeant d'un parti n'en est-il pas le Président ? Pourquoi, ça fait trop PDG ? Trop à droite comme terme ?

En fait, la raison est très simple, l'idée est que la plus haute fonction du parti doit être de se mettre au service de ses camarades et de ses concitoyens. Et c'est là que j'ai compris un truc dans la Paracha de cette semaine.

Vous savez pourquoi Avraham donnait à manger aux voyageurs ? Car nourrir des passants demande une très grande patience. Et il faut avoir une volonté de fer pour donner à celui qui ne vous reverra sûrement plus et qui n'aura probablement jamais l'occasion de vous rendre ce service en retour. Tu parles, une petite tente dans le désert, combien de chance avez-vous de la revoir lors de votre prochain voyage ?

Mais lui Avraham, n'a fait les choses que dans le seul et unique but de faire du bien. Et dans ce cas, la gloire… la reconnaissance… le statut… ne sont jamais rentrés en considération.

Il s'est conduit comme un secrétaire au service de son maître. C'est bien cela, la leçon de notre patriarche cette semaine : faire les choses en ayant comme motivation de rendre service et de faire le bien à autrui, et non pas d'en retirer un quelconque crédit.

Le monde et les hommes ont très peu changé depuis près de 4000 ans. Et pourtant, si l'on prenait un peu le temps de se retourner vers nos ancêtres, cela nous aiderait tellement pour comprendre les enjeux d'aujourd'hui.

Vite, vite une bible pour le PS pour qu'il reste l'acronyme de Parti Socialiste et non pas de Parti Selfish !

Enfin, c'est peut-être un peu tard…

Bonne journée !

jeudi 13 novembre 2008

Notre Obama à nous…


Chronique du jeudi 13 novembre 2008

Ça y est ! Nous aussi on a notre Obama, bon il ne s'agit pas du nouveau Président de la République, pas encore, pour ça il va falloir attendre encore un peu. Il s'agit du nouveau Préfet des Alpes-de-Haute-Provence, un noir d'origine Camerounaise.

Alors tout le monde en parle, regardez le rêve Américain n'est pas uniquement possible de l'autre côté de l'Atlantique. Dans le Vieux Continent aussi, des noirs peuvent arriver à l'une des plus hautes fonctions de la République.

Monsieur le Préfet Pierre N'GAHANE, nouveau symbole du rêve français ! Bravo…

Hier il a donné des interviews à la presse toute la journée et une de ses réflexions a particulièrement attiré mon attention. Il a dit « je ne crois pas à une évolution linéaire vers une société diverse, il faut une véritable volonté politique, c'est elle qui permet de passer des paliers »

Qu'explique-t-il ? Que dans la vie, si on recherche un changement profond, une simple évolution ne suffit pas pour atteindre l'objectif, il faut sauter des paliers, motivé par une volonté. L'idée du saut de palier est ici très forte, car le saut c'est le détachement et l'élévation à partir d'une situation première, pour se retrouver dans une nouvelle situation. Vous me suivez ?...

Alors pour moi, ce Préfet n'est pas à surveiller comme celui dont on guette le premier faux pas.

Non, notre Obama national est pour moi l'exemple d'une personne qui a réussi à prendre son destin en main et à sauter lui-même un palier. Et c'est ainsi que la République lui a offert la possibilité d'en sauter un nouveau.

Comme l'énonce le dicton « aide toi et D.ieu t'aidera ». Presque un non-événement…

Ça me fait penser à l'histoire d'un homme qui rentre chez un Rabbin en lui demandant une bénédiction pour la santé, la famille, la réussite et aussi pour être proche de D.ieu. Là le maître l'arrête et lui dit : « ça, c'est en effet la liste de tes attentes, mais qu'en est-il de ce que l'on attend de toi ? »

Avant de penser discrimination positive, il faut commencer à penser « contribution positive » et c'est là qu'on peut attendre que l'ascenseur social s'arrête à notre étage !

Bonne journée !