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lundi 1 décembre 2008

Se taire


Chronique de lundi 1 décembre 2008

C'est atroce, horrible, terrible… enfin, les adjectifs pour qualifier l'assassinat de Gaby et Rivki Holtsberg à Bombay ne manquent pas. Et pourtant, c'est inqualifiable.

En 2449 de la création du monde, le jour de Roch 'Hodech Nissan, le premier jour du mois, appelé mois de la délivrance, Nadav et Avihou, les deux enfants du Grand Prêtre Aaron sont entrés dans le Saint des Saints du Tabernacle, le Temple mobile qui suivait le peuple juif dans le désert.

Malheureusement, ils ont été foudroyés et sont morts sur place.

Moïse vient alors chez son frère Aaron pour le consoler, et il lui dit : « Sache que si tes deux enfants sont morts, c'est parce qu'ils sont les meilleurs d'entre nous, et D.ieu Se sanctifie avec les meilleurs ».

Aaron écoute son frère avec attention et la Torah nous dit : « Vayidom Aaron » et Aaron s'est tu. Il ne répondit pas, il n'était pas d'accord. Vraisemblablement, cela ne le consola pas.

3220 années après, le jour de Roch 'Hodech Kislev 5769, le premier jour du mois de Kislev également appelé le mois de la délivrance selon la tradition 'Hassidique... Ce jour là, deux fidèles prêtres et serviteurs qui ont consacré leurs vies au service du peuple juif, sont morts dans le Temple, dans le centre communautaire Loubavitch qu'ils ont construit par leurs efforts et leur détermination. Un Temple de bonnes actions et de rayonnement de la lumière de la Torah, de gentillesse et de partage, de bonté et de aix. Dans ce Saint des Saints d'amour du prochain, ces deux prêtres ont rendu leurs âmes.

En laissant derrière eux le petit Moïshele qui aura vécu son deuxième anniversaire orphelin…

D.ieu, pourquoi T'as laissé faire ça ?

Que dire ? Que faire ? Que penser ? Où est la justice ? Pourquoi le mal arrive-t-il aux gens bons ? Pourquoi eux ?

Autant de questions et d'interrogations que tout le monde se pose aujourd'hui...

Certains vous tenter de faire comme Moïse en donnant une quelconque explication ou consolation ; mais je préfère rester comme Aaron. « Et Aaron s'est tu »… rester avec la peine, rester avec la certitude qu'il n'y a pas d'explication humaine à cela.

Il n'y a pas de raison, il n'y a pas d'explication. C'est un vide.

Ce vide qui ne pourra être comblé par aucun acte, aucune action, aucune résolution, aucune vengeance.

Seule la venue de Machia'h et la résurrection des morts pourront essuyer l'océan de larmes qui a été versé par l'ensemble du peuple juif et au-delà. Car le ciel pleure aussi.

C'est aussi cela, croire en D.ieu…

Bonne journée.

lundi 14 juillet 2008

Voile ou pas voile, faut pas se voiler la face !

(la photo: La Rabbi de Loubavitch avec Robert Francis Kennedy, Sr. (20 novembre 1925 , Boston - 6 juin 1968, Los Angeles) il occupa la fonction de Ministre de la Justice de 1961 à 1963, Sénateur de État de New York de 1964 à sa mort. En 1968, il se lança dans la course à la Maison Blanche. Alors favori pour être investit par le parti démocrate, il fut victime d'un assassinat le soir de sa victoire à la primaire de Californie le 5 juin 1968. Son meurtrier était Sirhan Sirhan. Surnommé Bob ou Bobby il était le frère du Président des Etats-Unis John F. Kennedy)

Juste avant l'entrée du Chabbat, je jette un coup d'œil sur les informations et je lis que le Conseil d'Etat refuse de donner la nationalité française à une femme musulmane qui porte la burqa. Je ne vais naturellement pas faire le procès ni de cette femme ni du conseil d'état, en revanche, j'ai passé un moment de mon Chabbat pour réfléchir à une décision qui pourrait se produire pour un juif à qui l'on aurait refusé la nationalité française car il n'aurait pas fait preuve de volonté d'intégration. Je parle volontairement d'intégration et non d'assimilation car pour moi, la différence, c'est que l'assimilation est quelque part la perte de son identité pour une collectivité, tandis que l'intégration est la faculté de garder son identité tout en respectant et en s'intégrant dans les principes et les valeurs du pays d'accueil.


Et voilà que surgit l'idée que chez nous, c'est-à-dire dans le mouvement Loubavitch, le principe d'intégration a été l'objet d'une révolution et au cœur des préoccupations du mouvement depuis plus de 60 ans.


Tout d'abord, nous sommes la seule branche 'Hassidique et en général, le seul mouvement religieux à compter comme leader un homme érudit dans les connaissances Juives, Talmudiques, Kabbalistiques et tout ce qui découle de l'héritage juif, mais en même temps c'est un homme d'une culture générale époustouflante et surtout, ayant suivi des études séculaires très poussées, avec sept doctorats acquis dans la grande Université de Berlin et à la Sorbonne entre les années 1929 et 1938. Je vous parle du dernier Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menachem Mendel Schneerson (1902-1994).


Voilà pour moi le premier signe d'un homme, qui sous l'impulsion de son beau-père (l'ancien Rabbi), a compris que pour être un leader incontesté dans un univers religieux, les connaissances religieuses ne seraient plus suffisantes. Un grand visionnaire ! D'ailleurs le nombre de personnes d'univers hétéroclites et variés venues lui demander conseil et guidance, comme des hommes politiques de haut rang, des chefs d'état-major, des professeurs, chercheurs, scientifiques, etc. témoigne des compétences et de l'influence qu'il avait au-delà du monde religieux.


Mais c'est dans un autre aspect aussi que le souci d'intégration existe : l'habillement. En effet, nous sommes le seul mouvement 'Hassidique à ne porter l'habit traditionnel que le jour du Chabbat et encore c'est sans compter le « Shtreimel » (le chapeau en fourrure) qui n'est plus dans la garde-robe des Loubavitch, c'est le chapeau « moderne », pour certains, de marque italienne « Borsalino » (pour ne pas la citer) qui fait office de couvre-chef. Quoi de plus moderne ?


Tout le reste est disponible dans les magasins classiques de prêt-à-porter.


Voilà pour les hommes.


Regardons du côté des femmes. Dans la tradition juive, les femmes ne montrent pas leurs cheveux car c'est une partie du corps considérée comme intime. Comment les couvrir ? Un grand débat s'est ouvert dans les années 60 entre les partisans du foulard et ceux de la perruque. Je ne vais pas rentrer dans les arguments de chacun, mais la conclusion est que le Rabbi de Loubavitch a tranché que la perruque est largement meilleure, car si le foulard montre clairement la volonté de se couvrir la tête, certaines situations de la vie risquent de rendre cette affirmation gênante et par conséquent, le risque de ne pas se couvrir la tête convenablement est possible, alors qu'avec une perruque (souvent très jolie), aucune gêne n'est possible puisque souvent, même l'entourage ne s'en rend pas compte.


J'en conclus que l'intégration dans la société de la femme, d'autant plus avec le nombre grandissant de femmes exerçant un métier, est un souci permanent chez le Rabbi de Loubavitch et il a donc toujours trouvé la bonne solution pour que, d'un côté le respect strict de l'observance de la Torah soit préservé et que de l'autre, la société soit considérée non pas comme une menace à la religion mais comme un outil et un allié à apprivoiser sans pour autant perdre son âme.


Est-il possible d'être un bon juif pratiquant et tout autant intégré dans la société ? Ma réponse est sans équivoque, oui ! Non seulement c'est possible mais c'est un devoir, un devoir pour chacun et chaque jour. Associer le monde qui nous entoure à la mission de le rendre meilleur, ce n'est possible qu'en vivant dans le monde et avec lui. La grandeur du projet inclut chacun à chaque instant. A nous d'être à la hauteur !