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vendredi 17 janvier 2014

RAISONS DU CŒUR



Au fil des siècles et des civilisations, les hommes ont toujours recherché des similarités entre eux afin de se lier en fédération, en coopérative ou toute autre forme de société. Ils ont ainsi adopté une cause collective, un dénominateur commun, un combat national ou se tout simplement unifiés pour mieux se défendre, parce que l’union a toujours fait la force.

Mais quel est le véritable aboutissement de cet idéal d’union ?

Examinons deux cas concrets d’union que rapporte la Torah. Tout d’abord, il y a eu les Egyptiens qui poursuivirent les Hébreux après leur départ d’Egypte, et dont on sait qu’ils périrent noyés dans la mer.
La Torah dit (Exode 14, 10) : « Les enfants d’Israël levèrent les yeux et voici que l'Egyptien était à leur poursuite ». Le texte évoque « l’Egyptien » au singulier, car ils avaient fait preuve d’union. Or, ce peuple, qui n’était nullement sensible à l’égalité des statuts et des individus, se retrouva alors dans une telle communion, que la Torah se vit obligée d’en témoigner en le désignant comme un seul homme.
Cela peut sembler étonnant, pourtant quelque chose les a, bel et bien, poussé à se réunir. Quel était ce facteur, cette force qui les a fédérés ? 
Le verset explique clairement que c’était la chasse derrière Israël qui les motivait. Même s’ils ne ressentaient pas vraiment de sentiments fraternels les uns envers les autres, ils s’accordaient tous néanmoins, en ayant la haine des juifs et en partageant l’antisémitisme.
Par la suite, apparaît dans notre Paracha Yitro, une autre illustration d’union exemplaire. Au pied du Mont Sinaï, avant de recevoir la Torah, le verset mentionne (Exode 19, 2) : « Israël y campa en face de la montagne ». Là encore, c’est un verbe au singulier qui est utilisé. 
Certes, d’autres circonstances et quelques épisodes ont montré, à diverses reprises, des clivages et des conflits d’opinions au sein du peuple juif. Néanmoins, ici, les enfants d’Israël étaient considérés tel un seul homme, tant ils ont fait preuve d’unité véritable et d’un amour fraternel profond. Comment cet amour s’est-il soudain dévoilé ? 
En fait, la Torah fournit une indication sur cette attitude en précisant « en face de la montagne ». Le Mont Sinaï fut le facteur révélateur qui permit une union extraordinaire parmi le peuple juif. Chacun prit conscience qu’il allait connaitre un moment crucial pour l’avenir et pour l’éternité ! Il s’agissait de recevoir la Torah et de vivre ensemble l’expérience du Mont Sinaï. C’est alors que fut scellé le sort commun du peuple juif.
De tout temps, les Juifs ont compris que des divergences de tempéraments sont inévitables, nous défendons avec force et sans compromission nos opinions, mais devant la montagne, nous avons prouvé et prouverons que nous sommes un seul homme ! Face à notre histoire, face à notre destin, face à l’alliance d’Israël, nous sommes tous unis et cette union est plus forte que les différends qui surgissent dans notre quotidien. Sachons garder les critères de notre amour « comme un seul homme, d’un seul cœur » (Rachi ibid).
A la différence d’autres qui se complaisent et s’unissent à travers la haine des Juifs,  l’union du peuple Juif est celle du partage d’un destin commun et surtout, hors du commun !

jeudi 10 mai 2012

L’après élections


Parlons franchement.
Une partie de la communauté juive est inquiète. La France a un nouveau Président, il va certainement former un gouvernement avec les verts et l’extrême gauche.
Grâce à eux, l’antisionisme n’est plus un tabou, c’est même une vertu. Les frontières du mal sont repoussées dans une confusion de bons sentiments et d’admiration pour la résistance.

Il est logique pour ceux qui appellent au soulèvement du prolétariat révolutionnaire de sacraliser une révolte d’un soi-disant peuple sans terre. Et si la vie des véritables pionniers et ouvriers de la terre doit être ruiné, ce ne sera que le prix à payer pour avoir choisi un camp plutôt que l’autre, sans tenir compte des paramètres de justice et de vérité. Que ceux qui cultivent des terres arides pour en faire des paradis botaniques se tiennent bien !
Jean-Luc Mélenchon, l’homme scandalisé par le racket des riches dans les portefeuilles des pauvres, n’est autre que l’expression d’une violence verbale incontrôlable et dont la vulgarité sans humour n’a rien à envier à celui qui remplit le stade de France.

Evidemment, je ne vais pas faire le procès des uns et des autres, chacun sa conscience ! Mais les nombreux messages tel que « La Aliya c’est maintenant ! » disant au fond que les juifs n’ont plus rien à faire en France et que le temps de la quitter ne va pas tarder, sont de nature à être à la fois excessifs mais réalistes.

Oui, si l’antisionisme des politiques, avec une complicité malsaine des médias, se poursuit, les juifs seront les boucs émissaires d’une condamnation injuste.
Oui, se conforter derrière la bannière républicaine offrant une confiance aveugle aux valeurs que nous aimons tant, est un risque certain.
Oui, laisser se propager dans les couches de notre société le sentiment que le seul conflit dans le monde qui provoque l’instabilité de la planète est celui causé par les juifs, est un mensonge dont le plus grand calomniateur ne peut que se réjouir.

Alerter, prévenir, sensibiliser, réveiller les consciences sur les dangers de l’antisionisme est fondamental. Parce que nous savons tous que derrière l’antisionisme ne se cache même plus l’antisémite, il s’exprime !

Je ne connais aucun pays au monde qui est accusé par la classe politique en affichant ouvertement une position « anti » en dehors de la terre d’Israël. C’est choquant ! Même les Américains ne connaissent pas cette vague d’anti-américanisme depuis longtemps.

C’est bien la preuve qu’Israël dérange. Il dérange au point de devenir un point fixe et central des préoccupations sur cette planète. Rassurez-vous, ce n’est pas pour la beauté de nos palmiers ou la propreté de nos plages, mais bien pour le nom que nous portons « Israël ».

D’autre part, soyons lucides, malgré les messages alarmistes et catastrophiques, nous devons nous montrer unis et forts. Appeler à quitter la France, c’est le signe d’une faiblesse qu’il nous faut à tout prix refuser. Et que faire de ceux qui ne pourront pas quitter ? Que dire à ceux qui n’ont aucune famille en Israël ? A ceux trop âgés pour quitter repères et amis ? Qu’adviendra-t-il des communautés affaiblies qui vont rester ?

Attention aux messages alarmistes qui n’ont pour effet que de renforcer le sentiment d’inconfort et de précarité de notre condition.
La communauté juive de France compte la plus grande communauté juive d’Europe, elle doit se renforcer et ses structures opérer en toute légitimité. Les différentes organisations et mouvements doivent agir en complémentarité et en singularité, mais dans un esprit d’unité et de proximité.

Les hommes et les femmes qui composent notre diversité d’opinion doivent s’unir autour du socle commun des valeurs que nous partageons, appeler ensemble au réveil des consciences contre la banalisation des violations de ces valeurs. Les querelles des mouvements, tout comme celles des hommes, ne sont pas stériles, elles accouchent d’une division et d’un affaiblissement qui nous rendent vulnérables.

Faisons face à la page d’histoire qui s’ouvre devant nous avec courage, dignité et conviction.
L’unité c’est maintenant !